La dépression existentielle

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La dépression existentielle

Date de publication : 05/02/2026

Connaître le sens de la vie. Donner un sens à son existence. Pourquoi nous naissons ? Beaucoup de personnes se posent ce genre de questions assez fréquemment.
Cela s’appelle des questions existentielles, car ce sont des questions fondamentales pour lesquelles aucune réponse n’est définitive.
Dans la majorité des cas, ces idées restent quelque temps dans la tête puis disparaissent, chassées par de nouvelles pensées. Mais il arrive parfois que celles-ci perdurent et résonnent dans l’esprit jusqu’à devenir obsessionnelles.
Lorsque cette quête de sens devient la source d’une réelle souffrance psychique, on parle alors de dépression existentielle.
Cet article décrit 5 symptômes caractéristiques de la dépression existentielle.

Dépression existentielle

C’est une forme de dépression avec en plus un manque de but dans la vie et un sentiment de vide. Ses caractéristiques principales sont similaires à celles d’une dépression dite classique puisqu’elle se manifeste par :

• sentiment de tristesse profond et permanent
• fatigue généralisée et permanente
• désintérêt généralisé.

Mais il y a aussi d’autres signes plus spécifiques quant à cette dépression tels que : un profond vide intérieur, des questionnements obsessionnels sur le sens de la vie, le sens de la vie humaine, etc…
Il y a autant d’hommes que de femmes touchés par ce type de dépression. Mais elle est très fréquente chez les hauts potentiels.
En effet, un lien entre le trouble dépressif et les personnes à haut potentiel intellectuel a été observé : du fait de leur hypersensibilité, leur idéalisme et leur détail de la cohérence, les HPI se posent naturellement beaucoup de questions existentielles, profondes et complexes, et auraient plus de mal à se satisfaire de l’absence de réponses cohérentes. Cela s’appelle chez les personnes surdouées, dépression existentielle.
Ces questions existentielles qui sont sources de souffrance chez les personnes douées sont au nombres de 4 et ont été catégorisée par Irvin Yalom, psychothérapeute :

• La fin de vie, déclenchées par la confrontation au deuil.
• La liberté, non-conformité des besoins et envies par rapport à l’organisation sociale
• L’isolement : intervient lorsque la personne se sent en décalage par rapport à son entourage, avec des échanges interpersonnels rarement épanouissants
• Manque de sens : lorsque trop de questions restent sans réponses, surtout sur le sens de la vie

La dépression existentielle entraîne beaucoup de conséquences, tristesse profonde et durable, perte d’enthousiasme dans les activités quotidiennes, phobie sociale, phobie scolaire. Lorsqu’elle s’installe dans la durée, toutes les parties de la vie quotidienne sont impactées.
Il existe plusieurs formes de dépression et d’états dépressifs qui ont des répercussions, des symptômes différents :

dépression réactionnelle : lorsqu’un changement n’est pas accepté
dépression souriante : cachée par un comportement jovial
dépression post-partum : survient dans l’année qui suit l’accouchement
dépression amoureuse : lorsqu’une rupture est difficile ou douloureuse
dépression infantile : de nombreux enfants sont concernés chaque année
dépression saisonnière : à chaque changement de saison

Symptômes de la dépression existentielle

Passage à vide, crise de la quarantaine, recherche de sens… Pendant la dépression existentielle, la personne connaît une fatigue intense et durable, elle devient irritable, a des troubles du sommeil et est la plupart du temps triste.
À ces signaux, qui sont évocateurs d’une épisode dépressif, s’ajoutent 5 comportements qui prouvent le caractère existentiel de la dépression :

• La quête intensive de sens
• Le sentiment d’être décalé par rapport à l’entourage
• Perte de l’identité
• sensation de vide intérieur
• insatisfaction permanente

Vous sentez-vous concerné par ces 5 symptômes de l’angoisse existentielle ?
La quête de sens
L’obsession pour le sens est le symptôme le plus saillant de la dépression existentielle. La personne qui traverse cette crise a l’impression que sa vie ne sert à rien, la vie humaine n’a pas de valeur, et est sans but.
Cette recherche de sens obsessionnelle survient après un choc émotionnel tel qu’une maladie, un traumatisme psychologique, un décès, harcèlement dans le cadre du travail ou dans la scolarité.
Ce sont des moments de grande solitude. Les questions restent sans réponse et la vie paraît absurde.
Pour lutter contre cette détresse, certains s’entourent le plus possible avec la famille et ou les amis, d’autres développent des addictions diverses qui alimentent leur détresse psychologique.
Le sentiment de décalage avec les autres
La dépression existentielle se caractérise aussi par une sensation de décalage par rapport à l’environnement, la sensation qu’un fossé se creuse de plus en plus avec les proches.
Le décalage vient d’une différence dans les centres d’intérêts, les valeurs, ce qui génère de l’incompréhension de la part de l’entourage.
Un sentiment de rejet et d’incompréhension est fréquemment ressenti. La personne n’est plus en phase avec son entourage, des tensions apparaissent et elle finit par se sentir abandonnée.
Les interactions sociales en sont d’autant plus difficiles lors d’une crise existentielle. Les questions obsédantes poussent la personne au repli sur soi. L’entourage a du mal à comprendre cette attitude et adressent souvent des reproches ce qui augmente encore la souffrance.
Perte d’identité
Le perte d’identité est le sentiment de se sentir déconnecté de son histoire et de sa personnalité. Chez l’adulte, comme chez l’enfant, les fondements de l’identité sont remis en question lors de cette dépression. Les incertitudes concernant l’identité sont nombreuses, ainsi que la place dans l’environnement :
• Quel est mon utilité dans la vie ?
• Qu’est-ce qui est vraiment important dans la vie ?
• Mes efforts ont-ils vraiment une utilité ?
• Qu’attendent les autres de moi ?
• De quelle manière puis-je changer ou améliorer le monde ?

Ces questions qui restent souvent sans réponses créent un sentiment de découragement, de la colère et aussi du désespoir. Elles provoquent des difficultés pour se positionner clairement, des difficultés pour agir en fonction de ses propres valeurs. La personne qui est avec ce trouble est constamment tiraillée entre ses valeurs personnelles et les attentes de la société.
Parfois, si la crise est suffisamment intense, la personne peut ressentir une déconnection par rapport à son propre corps. Elle se sent déphasée par rapport à son image et la perception d’elle-même, en en souffre.
Le vide intérieur
Les activités quotidiennes perdent de leur intérêt, les performances s’amenuisent au travail ou à l’école, ressntit d’une fatigue chronique. Le vide intérieur est un symptôme significatif d’une dépression existentielle.
C’est une déconnection totale avec les émotions, les sensations, une absence de vie intérieure.
Cette sensation de vide vient des préoccupations. Comme les réponses ne sont pas trouvées en ce qui concerne le sens de la vie, et bien ce manque ce manifeste par le corps : les muscles sont mous, absence de joie, d’émotions en général.
Ce symptôme peut être compliqué à accompagner, il peut parfois aussi aboutir à une forme de mélancolie, à une déperdition d’énergie très importante et l’apparition d’idées noires.

L’insatisfaction
L’insatisfaction de soi, des autres, et du monde en général est un signe de l’état dépressif.
Quand bien même les tâches quotidiennes ont été effectuées, les objectifs accomplis, de bons résultats professionnels ou scolaires, l’insatisfaction perdure. Les occupations qui auparavant procuraient du plaisir deviennent rébarbatives.
Les relations privées se détériorent aussi, elles ne deviennent plus épanouissantes, ce qui fait ressentir encore plus de culpabilité.
La lassitude s’installe dans tous les domaines étant donné que plus rien ne procure de l’épanouissement. L’agressivité s’installe dans les relations.
Même le rapport à soi-même devient difficile. Vous ne vous sentez plus à la hauteur et votre estime de vous est au plus bas. A ce moment-là il est important de prendre du temps pour soi, pour combler le vide intérieur, retrouver un rapport plus sain avec soi.
Les traitements adaptés
Les épisodes de crise existentielle sont des moments complexes, ils nécessite un traitement assidu et bien adapté afin d’obtenir des résultats solides.
Plusieurs approches sont possibles aussi bien au niveau psychologique que pharmaceutique :
• thérapie existentielle
• les approches tcc (cognitivo-comportementales
• art thérapie
• traitement médicamenteux
• méditation pleine conscience

La logothérapie (thérapie existentielle) : C’est l’approche thérapeutique la plus adaptée, spécialement sur les questionnements tels que la mort, le sens de la vie, etc.. Grâce à cette thérapie il est possible d’explorer nos valeurs personnelles et d’y renouveler leur sens profond.
La thérapie cognitivo-comportementale : Cette psychothérapie basée sur la réévaluation des croyances et des pensées limitantes, va aider à percevoir quels pensées négatives nourrissent les inquiétudes. Vous pourrez alors faire évaluer ces fonctionnements cognitifs afin de ne plus les subir.
Les émotions, les ressentis parfois s’expriment plus facilement à travers un médiateur artistique. Vous pourrez alors vivre pleinement vos émotions, les laisser s’exprimer librement, ce qui libère de l’angoisse.
La prise de médicaments : Parfois, il est nécessaire d’avoir un suivi mécidamenteux. La dépresision existentielle peut provoquer des crises de panique, une fatigue nerveuse importante, de l’irritabilité, ce qui complique beaucoup la vie quotidienne. Les médicaments ont une action sur les neuro-transmetteurs et calment les troubles associés à l’humeur.
La méditation et la pleine conscience : Aussi la sophrologie, le yoga, la cohérence cardiaque, instaure au fur et à mesure du temps, un état de calme, une sécurité intérieure.
Sortir de la dépression nécessite souvent un accompagnement médicamenteux, psychologique, mais aussi de mettre en place de nouvelles habitudes plus saines qui remettent le pied à l’étrier.