Dépression et pulsions pendant l’adolescence
Date de publication : 23/11/2025
Chaque être humain est animé par des pulsions qu’il tente de canaliser afin de garder un équilibre ; pour les adolescents c’est plus difficile car c’est une période où les hormones sont très actives.
Tout individu normalement constitué est à la recherche du plaisir, mais pas seulement. Car il aspire aussi à un état de repos, un état avant la naissance où il n’était pas soumis à une tension pulsionnelle permanente. Pour les psychanalystes et psychologues cliniciens, tout être humain se souviendrait inconsciemment d’avoir été fœtus ce qui explique pourquoi nous aspirons à retrouver ce sentiment de fusion avec l’univers, de plénitude.
Cette recherche de cet état de repos, serait la base des religions. En fait, inconsciemment il y a une recherche de toutes les tensions interne, qu’elles soient physiologiques ou psychiques et cela s’appelle la pulsion de mort. Tout au long de notre vie, pulsions de vie et pulsions de mort s’affrontent tout en étant liées entre elles. C’est lorsque ces deux forces ne communiquent plus entre elles que les pathologies apparaissent.
La période de l’adolescence
Puisque nous sommes vivants, nous ressentons à des degrés divers les effets de nos pulsions ; mais cela n’a rien à voir avec ce qu’il se passe pendant l’adolescence, car à ce moment-là , ce sont les hormones qui définissent l’intensité de celles-ci. Le bouillonnement pulsionnel, déséquilibre le moi qui doit apprendre à canaliser le ça (l’origine des pulsions) et le surmoi (les interdits familiaux, sociétaux et surtout l’interdiction de l’inceste et du parricide) et en plus la vie externe.
Pendant la puberté, le désir devient instinctif, le déséquilibre est donc interne. L’état pulsionnelle adolescent appelle à l’urgence, le désir doit être satisfait dans l’immédiat, agresser l’autre, l’humilier afin de renforcer son propre égo, voire parfois à commettre des actes irréparables comme le meurtre ou le suicide. Ces conduites sont dûes à un retournement sur soi de la pulsion agressive, ce qui explique pourquoi beaucoup d’adolescents se mettent en danger à travers des jeux ou des défis. En psychanalyse, lorsqu’un individu a une conduite auto-destructrice comme l’alcoolisme ou la toxicomanie, cela s’appelle masochisme moral. Les adolescents étant plus sensibles que les adultes à leur pulsions auto-destructrices, les suicides sont en plus grands nombres parmi eux.
La dépressivité adolescente
Comme les adolescents passent tous par un épisode dépressif, il est difficile de détecter la dépression parmi eux. L’adolescence est une période très particulière, durant laquelle l’individu traverse une période de crises qui lui permettront de devenir adulte, une période de mue psychique durant laquelle il abandonne l’enfance pour devenir adulte. Il se situe juste à un moment où il n’est plus un enfant, mais pas encore un adulte, c’est une période très instable. Comme l’adolescent est en construction, les crises traversées sont d’ordre narcissiques et identificatoires.
Les adolescents sont généralement démonstratifs quant à leur souffrance identitaire. A l’origine de cette période se trouve la puberté, qui est un grand bouleversement physiologique et qui occasionne la crise identitaire. Comme les adolescents sont en proie à des angoisses et des incertitudes importantes dûes aux changements psychologiques et physiologiques, il est important d’encourager leurs projets et s’intéresser à leurs centres d’intérêts.
Des caractéristiques propres à l’adolescence
La plupart du temps, les adolescents sont motivés par l’aspect social de la scolarisation. La dépressivité et la mélancolie sont les caractéristiques propres à l’adolescence. Ils sont souvent fatigués, manquant de motivation et apathiques.
Cela s’explique par les différentes étapes de l’adolescence :
• Le deuil de l’enfance : c’est accepter de se détacher de la sécurité des parents, avoir suffisamment de sécurité intérieure pour être indépendant affectivement.
• Le deuil du corps d’enfant : il est nécessaire afin de pouvoir investir et accepter les transformations du corps. Les anorexiques sont souvent celles qui ne réussissent pas à faire le deuil de leur corps d’enfant.
• S’approprier son intimité : prendre la douche seul, choisir ses vêtements, etc… Souvent les adolescents mettent une barrière naturellement en restant dans le silence, en communicant moins avec leur famille.